Dans son discours du 7 avril 2009 lors de la table ronde à
Venelles sur le thème « La croissance par le recherche et l’innovation », le Président de la République a appelé de ses vœux une
meilleure reconnaissance de tous ceux qui créent des richesses pour la
France : les créateurs, les inventeurs et les entrepreneurs.
La motivation des inventeurs salariés nous paraît, en effet, un moteur essentiel de l’innovation et de la performance des entreprises françaises, et une clé de la qualité des relations sociales dans les entreprises.
Le système mis en place doit être motivant à la fois pour les inventeurs, les entreprises et la société française. Pour cela, ce système doit être équilibré, simple à mettre en œuvre et compréhensible par tous. La loi actuelle pose de bons principes. Sa mise en œuvre, laissée à l’appréciation des conventions collectives et des entreprises, est très disparate. Cette situation alimente la méfiance : ni les inventeurs, ni les entreprises ne sont satisfaits de la situation actuelle.
Si l’on observe les systèmes qui donnent satisfaction dans les entreprises, on peut remarquer que tous ces systèmes, sous des formes variées, reposent sur deux principes :
- une vraie reconnaissance des créateurs techniques, à tous les niveaux ;
- un traitement financier très différent pour deux types d’inventions : les inventions « courantes » et les « autres inventions ».
Si l’on prolonge cette logique, on peut arriver à un système très simple pour la rémunération des inventeurs salariés :
- pour les inventions « courantes », les inventeurs (ceux qui ont imaginé les combinaisons techniques nouvelles protégées par les brevets) partageraient une prime forfaitaire, au moment du dépôt du brevet ;
- pour les inventions « exceptionnelles », après quelques années d’exploitation fructueuse, une prime significative serait versée en plus de la prime forfaitaire, après concertation des dirigeants de l’entreprise, éventuellement aidés par un conseil indépendant. Cette prime serait répartie entre les inventeurs et les autres personnes ayant contribué de manière significative au succès de l’innovation. Les inventions « exceptionnelles » correspondraient à quelques dizaines de brevets chaque année, soit moins de 1 % des brevets déposés.
Les aspects financiers étant réglés de manière simple et
compréhensible par tous, les entreprises pourront beaucoup plus facilement
développer l’essentiel : la vraie reconnaissance des créateurs techniques,
à tous les niveaux. Pour inciter les entreprises à s’engager sans réticence
dans une telle démarche, ces primes seraient défiscalisées : les montants
en cause sont minimes au regard du gain pour la collectivité, résultant d’une
dynamisation de l’innovation.
Pour que cette reconnaissance des créateurs techniques prenne une dimension nationale, quelle meilleure image que le Président de la République, ou son Ministre chargé de l’Industrie, remettant chaque année plusieurs prix aux meilleurs innovateurs de l’année et à leurs entreprises ?
Et si ces prix suscitent une émulation entre les entreprises qui ont attribué une prime exceptionnelle à leurs salariés, tous seront gagnants : les inventeurs, les innovateurs, les entreprises et la société française dans son ensemble.




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