Albert Fert, prix Nobel après la Médaille d'Or du CNRS... et la valorisation ?
Albert Fert s'inscrire dans la grande lignée des grands physiciens français, 12ème après Pierre et Marie Curie, Henri Becquerel, Gabriel Lippmann, Alfred Kastler, Louis Neel, et plus récemment Pierre Gilles de Gennes, Georges Charpack et Claude Cohen-Tanoudji.
Déjà distingué par la Médaille d'Or du CNRS, Albert Fert a expliqué et modélisé la magnétorésistance géante (GMR), un phénomène par lequel l'aimantation de couches de fer et de chrome permet de contrôler la circulation des électrons en fonction de leur spin. 
La GMR a un impact important sur les technologies de l'information et de la communication. Elle est notamment à l'origine de l'élaboration de têtes de lecture magnétique extrêmement sensibles qui équipent aujourd'hui les disques durs. Ces têtes sont aujourd'hui produites et commercialisées au rythme de 615 millions par an. D'autres secteurs pourront bénéficier bientôt d'applications de l'électronique de spin, en particulier la téléphonie mobile, l'informatique portable ou encore l'électronique embarquée. Dommage que la politique de brevet n'ait pas été à la hauteur de cette invention ! Pour en savoir plus sur la GMR
Bien qu'associé à THALES, le CNRS n'a malheureusement pas bénéficié réellement des retombées de l'exploitation industrielle des applications de ces travaux : les brevets d'application ont été déposés par SIEMENS, IBM, PHILIPS, qui ont imaginé les applications dans le domaine des mémoires à haute capacité et faible consommation par exemple.
Le co-lauréat Peter Grunberg a mieux su concilier la démarche scientifique et la valorisation industrielle, puisqu'il est à l'origine de brevets majeurs déposés d'abord par Siemens, puis par la société de recherche Juelich créée pour exploiter les applications de ses travaux.
Notons qu'en 2006, Peter Grunberg avait été désigné "European Inventor of the Year" par l'Office Européen des brevets et par la Commission Européenne.Il reste encore quelques efforts de formation et de sensibilisation à la démarche de valorisation des résultats de la recherche pour que le prochain prix Nobel français, à l'instigation de Pierre Gilles de Gennes et Georges Charpack, sachent concilier l'excellence scientifique avec une démarche prospective pour identifier, protéger et valoriser les applications industrielles. Les démarches du réseau Curie, de l'ANRT, les réseaux Carnot, les structures de valorisation de la recherche académique et des organismes de recherche contribue à offrir aux chercheurs les supports pour leur permettre d'engager sans complexe et sans freins pour la qualité de la recherche scientifique, de s'impliquer dans la valorisation de la recherche.


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