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03 février 2008

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Voici les sites qui parlent de L'épouvantail de la dilution des compétences pour résister à la fusion avocats-CPI :

Commentaires

Bonjour,

Je suis un peu effarée par "l'angélisme" dont ce billet me semble faire preuve.
Revenons concrètement - pour autant qu'on puisse le faire compte tenu des informations concrètes, au-delà des déclarations d'intention, dont on dispose aujourd'hui - aux conditions d'accès à la profession pour un ingénieur, c'est-à-dire pour quelqu'un dont, me semble-t-il, les qualifications techniques sont et resteront INDISPENSABLES à tout cabinet, même d'avocats, dans le domaine des brevets. Mais peut-être ai-je mal compris les tenants et les aboutissants des nouvelles conditions d'accès proposées.
Ingénieur = Bac + 5.
Que propose la fusion ? Je me réfère à votre post du 27 janvier, "Une profession unifiée avec deux voies d'accès ?"
Une formation au CEIPI = 1 an dans le meilleur des cas, ie le CEIPI "court" pour autant que celui-ci continue à exister
+ 300h de droit général (comment, où, sous quelles conditions d'accès, étalées sur quelle durée, sanctionnées par quoi ... mystère ?)
+ un CAPA "aménagé" ... c'est-à-dire : a) la préparation (et la réussite) à l'examen d'entrée à l'un des centres de formation à la préparation du CAPA (= 1 an au moins, pour des personnes disposant DEJA d'un diplôme de 2ème cycle en droit, j'imagine que pour notre ingénieur, le CEIPI "fera office de", à moins que ce ne soient les 300h de droit ? ou les 2 ?) et b) la préparation du CAPA proprement dit = 18 mois.
Nous en sommes donc à un total de 3 ans 1/2 au-delà du bac pour notre ingénieur sans compter les 300h de droit général ... Vous me direz que ça ne fait pas plus qu'un doctorat, je le sais, je l'ai fait ... MAIS il faut prendre en compte que, contrairement à la préparation d'un doctorat, on va ici demander à notre ingénieur rien moins qu'un re-démarrage à zéro dans un domaine qui lui est totalement inconnu, qui est le droit général ... S'il est possible d'aborder (avec beaucoup de travail personnel) le droit de la PI pour un scientifique (je l'ai fait aussi), il me semble qu'il faudrait un peu plus de lucidité quant à la somme de travail que les 300h de droit général + CAPA vont demander à notre ingénieur.
Oui mais ... le CAPA sera "aménagé" ... ah ... et concrètement, a-t-on une idée (ou un début de commencement d'idée) de ce que pourrait être cet "aménagement" ?? Je n'ai trouvé d'information nulle part pour le moment.
Au final, je crains que ces nouvelles conditions d'accès n'aient surtout pour effet d'aboutir à un état de fait dans lequel les cabinets d'avocats (grands, de préférence) embaucheront des ingénieurs (ils en auront besoin) pour la partie "technique" du travail concernant les brevets ... ingénieurs à qui concrètement il sera impossible d'obtenir une "reconnaissance" de leurs acquis professionnels au sein de ces cabinets ... vous avez dit "nègres" ???
Mais vous avez peut-être des réponses à ces questions, ou des éléments d'information complémentaires ?
Si c'est le cas merci d'avance de nous les faire partager !

Cordialement

CC

Effectivement, "l'angélisme" de ce message me laisse perplexe. Mais ce qui me gêne là-dedans c'est le double discours du bureau de la CNCPI : d'un coté, il fait une apologie des 200 heures supplémentaires indispensables à une "meilleure formation" et à une "mise à niveau" par rapport aux avocats mais de l'autre il exorte tout le monde à passer l'EQF le plus rapidement possible afin de bénéficier de la clause de transition.

Je citerai d'ailleurs M. Charrière-Bournazel, le nouveau bâtonnier de Paris (La Tribune, 31-01-08) : "Un CPI est avant tout un technicien et non un juriste." et d'ajouter que 200 ne lui paraissent pas suffisants. La lecture de ce genre de message devrait inciter le bureau à se mettre sur leurs gardes : l'unification doit entraîner impérativement l'acceptation par les actuels avocats que le futur métier d'avocat aura également une "voie technicienne"... mais ça personne peut le garantir!

Tout à fait d'accord avec CC et Mathieu!
M. Breese ainsi que ses collègues semblent faire preuve d'une naïveté tout à fait navrante:
"En interrogeant les jeunes de la profession, aucun n'a exprimé l'opinion que cela serait un motif à renoncer à cette profession, bien au contraire."
Connaissant de très près ces grandes écoles où recrutent souvent les cabinets, je peux vous assurer que ces mesures, si elles se concrétisent, seront au contraire un frein considérable. Pour être clair: à la sortie d'une école d'ingénieurs, après 5 voire 6 ans d'études, aucun étudiant n'est prêt à "repartir" pour 3, 4 ou même plus, nouvelles années. Rares sont les ingénieurs qui acceptent d'enchainer sur une thèse, pourtant un débouché plus "naturel", alors combien seront prêts à consacrer cette période à l'étude du droit?
M. Breese semble caresser l'idée que les étudiants des plus grandes écoles rêvent tous de devenir CPI et que la fusion n'entravera pas leur "vocation", mais il n'en est rien: ce secteur est en pratique totalement inconnu dans les Ecoles, et le petit nombre d'étudiants intéressés sera dorénavant rebuté par le cursus qu'on leur propose, asséchant définitivement les sources de recrutement...
Beau travail, messieurs!

Sur la question de la formation supplémentaire, un Sondage est organisé sur un blog voisin.

Bonsoir,

Tout d'abord toutes mes excuses pour l'erreur qui s'était glissée dans mon texte : c'est 3 ans 1/2 au-delà du diplôme qu'il fallait lire bien sûr et non au-delà du bac ...
Et je suis entièrement d'accord avec l'analyse de LT. L'un de vos derniers posts met l'accent sur les nécessaires passerelles à organiser entre spécialistes de l'industrie et professionnels exerçant en libéral, je ne peux qu'approuver ... mais que penser alors que le Ministère de l'Industrie semble singulièrement absent de toute discussion ??

Cordialement

CC

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