Les élections pour le renouvellement du bureau de la CNCPI ont conduit à la reconduction du bureau sortant, rééelu avec 59% des votants. Deux listes étaient en présence, et malheureusement la campagne a conduit à une bipolarisation agressive pour ou contre l'unification, sans aucune autre proposition pour la profession. Le vote reflête a peu de chose près le rapport pro/anti.
Président : Christian Derambure
Vice-présidents : Alain Michelet, Luc Santarelli, Virginie Zancan
Trésorière : Cyra Nargolwalla
Secrétaire : François Pochart
Membre sans attribution : Thierry Desbarres, Jean-Baptiste Duranton, Xavier Demulsant
Certes, la plupart des CPI élus sont de qualité. Mais il est dommage que toute l'énergie soit consacrée à la question de l'unification, qui relève en réalité de la volonté des pouvoirs publics de supprimer les "petites professions règlementées" de moins de 2000 personnes, et de les regrouper toutes dans le statut d'avocat. En militant en faveur de sa disparition, la profession de CPI facilite sans doute le travail de la Chancellerie, surtout si le rapport Darrois devait conclure également en faveur de l'unification.
La démarche du bureau ressemble à celle d'un sorcier qui, à l'annonce d'un bulletin de tempête, entame une danse de la pluie, pour s'enorgueillir ensuite d'avoir fait pleuvoir. Attention, ceux qui n’aiment pas la pluie pourraient le lui reprocher, même si en réalité il n'y est pour rien !
Faisons nous une raison : il est aujourd'hui probable que dans le projet gouvernemental de créer une "grande profession d'avocats", la profession de CPI sera la prochaine "à passer à la casserole", car c'est l'une de celle qui ne fait pas trop de difficultés voire participe à sa propre disparition.
A court terme, parions que cela n'aura pas trop d'effets négatifs : les CPI continueront à faire leur métier, même s'ils se feront appeler "maître", et continueront à coopérer avec les avocats de souche pour le contentieux. Les CPI en tireront-ils un avantage compétitif ? Rien n'est moins sur, et en tout cas aucune étude d'impact n'a été menée.
Espérons simplement que l'issue, quelle qu'elle soit, intevienne rapidement pour mettre fin à cette période d'attente, où la profession de CPI se partage entre division et volonté de disparaître.
Cela n'empêche heureusement pas quelques cabinets à mener des projets de développements, par l'élargissement de leurs prestations, par l'internationalisation, voire des expériences pilotes de rapprochement sous une même enseigne avec des avocats.



C'est la première fois qu'on verra un troupeau se jeter du haut de la roche de Solutré sans qu'on l'y pousse...
Espérons que l'aterrisage en sera pas trop dur
Rédigé par: Allons-y en chantant | 18 décembre 2008 à 23:57
Au moins nous voilà définitivement fixés, et partants pour de nouveaux horizons. Enfin.
Rédigé par: Horizon | 19 décembre 2008 à 00:16
Il est temps maintenant de réunir, et de construire.
Réunir les CPI entre eux, et avec les avocats, construire une nouvelle relation, plus forte et plus efficace, avec les clients, bâtir l'avenir ensemble.
Rédigé par: Ré-unir | 19 décembre 2008 à 00:25
Et peut être pourrait on aller jusqu'à réunir les CPI entre eux ? Mais bon, ne poussons pas le bouchon trop loin. Déjà, l'idée même de panachage, pourtant statutaire, effrayait car elle aurait conduit à réunir dans le bureau des CPI représentatifs de différentes sensibilités. Réunissons, oui, mais seulement ceux qu'on n'a pas exclu.
Rédigé par: @Ré-unir | 19 décembre 2008 à 09:50
Mais au moins le berger pourra se vanter d'avoir entraîner en chantant le troupeau vers un envol vers de nouveaux pâturages. Quand tous les moutons seront dans le précipice, plus personne ne se souviendra du berger qui aura disparu avec eux. Mais pour l'instant, assistons au concert de bêlements accompagnant le chant lourd du berger, et des quelques voies discordantes que l'on s'efforce d'étouffer...
Rédigé par: @Horizon | 19 décembre 2008 à 09:56
Vu de l'étranger, la situation incertaine de la profession de CPI paraît vraiment inquiétante...
Rédigé par: Pierre-Aimé Despalle | 19 décembre 2008 à 12:03
Je pensais qu'un bon souverain était celui qui faisait la pluie ET le beau temps.
Il semble que le roi de Thaïlande et le Bureau de la CNCPI ont par contre ceci en commun qu'ils ne savent que faire tomber la pluie.
La suite de l'histoire nous le dira.
Rédigé par: Tendance | 22 décembre 2008 à 11:04
A force de manier hyperbole et parabole, tout cela devient trop imagé, non?
Rédigé par: Le sens de l'ellipse | 22 décembre 2008 à 16:05
C'est vrai que cela devient assez elliptique. Et pourquoi le tableau du gardien de cochons de Gauguin ? Cela dit, votre comparaison avec la danse de la pluie est assez bien vue, voire cruelle ;-)
Rédigé par: Cochon | 22 décembre 2008 à 16:55
Arche de Noé avant le déluge de la crise financière, foire aux bestiaux (ou aux vanités), tout peut certes y passer, mais redevenons sérieux.
La vraie question pour les CPI n'est plus la fusion, mais l'impact de ce qu'il faudra bientôt appeler comme aux USA "The big one" (à côté, la Grande dépression de 1929 commence à paraître une aimable plaisanterie).
Le tableau ne paraît à certains pas encore si grave? Jugez par la dynamique (l'accélération croissante de la gravité de la situation), malgré les efforts des gouvernements pour "tamponner" tout cela.
Que restera-t-il de notre PI (pari sur l'innovation que fait une entreprise) quand personne (à commencer par la finance) ne veut plus ou ne peut plus parier sur l'avenir?
Allez, Joyeux Noël quand même...
Rédigé par: The stranger | 23 décembre 2008 à 20:02
Bah une fois avocat, il est toujours possible de se reconvertir dans les divorces et les problèmes de bornage en zone rurale, non?
Je plaisante bien sûr, quoique
Rédigé par: Converse | 27 décembre 2008 à 00:08
Où tombera la foudre ? C’est bien difficile de le savoir, les prétentions sont si divergentes. L’avocat de la CNCPI, qui a en si bien porté la parole au CNB, s’est présenté à l’occasion des élections de décembre au CNB comme hostile à l’intégration des notaires à la profession d’avocat. Or le rapprochement des avocats et des notaires constitue le cœur de ce qui devrait être la grande profession du droit
Rédigé par: Philippe Schmitt | 31 décembre 2008 à 13:07
Apparemment, on nous refait le coup de la fusion en catimini avec le dépôt d'un amendement pour le conseil des ministres de demain.
Rédigé par: Fusion à l'horizon? | 13 janvier 2009 à 14:35
Voilà une nouvelle preuve de notre insuffisance en droit : depuis quand un amendement pourrait-il être "déposé en Conseil des Ministres" ? A moins que j'ai raté quelquechose ces dernières semaines en France, et que le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif ne fasse plus qu'un...
Rédigé par: très prochainement CPI... et avocat ? | 13 janvier 2009 à 22:01