Sortir par le haut.
Voilà plus de deux ans que les discussions sur l'intégration de la profession de CPI dans celle d'avocat ont
été engagés. Des arguments légitimes en faveur de cette fusion, comme ceux tout aussi légitimes en faveur d'autres modes de rapprochement ou du maintien de statuts spécifiques ont fortement divisé les professionnels de la PI, sous l'oeil goguenard ou effaré des clients et des confrères étrangers. Des progrès significatifs sont intervenus pendant les négociations, notamment en ce qui concerne l'accès à la profession pour les jeunes génération. Il convient de saluer l'engagement et la détermination des négociateurs. Des maladresses de communication ont parfois durcies les oppositions et les divisions. On ne peut que le regretter
A présent, le dossier est définitivement passé aux mains des politiques. Il est temps de conclure, et d'éviter la tentation des combats d'arrière-garde qui ne feraient qu'affaiblir plus encore des professionnels qui doivent demain ou au pire après-demain former un corps de spécialistes de la PI.
Eviter le cauchemar d'un enlisement du dossier
Le cauchemar serait que ce dossier finisse comme celui du Protocole de Londres : les oppositions jusqu'au-boutistes de la profession ont réussi à retarder mais pas à empêcher l'aboutissement de la Ratification du Protocole de Londres. La profession de CPI a tout perdu : mal préparés, beaucoup de cabinets n'ont pas anticipé suffisamment l'impact de la ratification, leurrés par les les excès de confiance de leurs représentants quant à leur capacité à arrêter le sens de l'histoire. Par ailleurs, cet entêtement a empêché la négociation de mesures compensatoires que les pouvoirs publics étaient prêts à envisager si la profession avait démontré un esprit plus constructif.
Evitons de refaire la même erreur dans le dossier de la fusion : un lobbiyng intense pour utiliser tel ou tel relation parlementaire ne ferait que retarder l'échéance et surtout aggraverait la division et les ressentiments. Evitons aussi tout triomphalisme ou arrogance pour les uns, ou aigreurs pour les autres : il s'agit de construire ensemble, sur des bases que personne n'a encore analysé sérieusement.
Destruction créatrice
Le processus cher à Schumpeter est peut être excessif pour cette fusion, qui probablement ne va, dans un premier temps, pas bouleverser le paysage de la PI en France. Sans doute, au début, assisterons nous a du "buzz" d'initiatives plus symboliques que structurantes : tel cabinet de CPI engagera un avocat ou se rapprochera d'un cabinet d'avocat pour clamer qu'il est à présent une "full service firm". Mais pour quels enjeux économiques réels ? Tel cabinet d'avocat annoncera qu'il s'est doté d'un département de constitution de droit de PI. Mais avec quel back office, quel productivité ?
Les vrais implications restent à définir. Certaines sont globales :
- Quel modèle économique pour un cabinet "mixte" ou full service ?
- Quelle organisation pour un tel cabinet pour assurer une productivité et une efficacité dans l'ensemble des services proposés ?
- Quels outils informatiques pour l'ensemble des activités, ou pour l'interopérabilité des SI des deux métiers ?
- Comment assurer un maillage régional dans les régions tout en préservant une qualité des prestations en PI ?
- Comment répondre dans cette nouvelle configuration aux attentes exprimées par les entreprises, PME et grandes entreprises ?
C'est un chantier passionnant qui s'ouvre. Ces questions auraient mérité d'être abordée en préalable, ainsi qu'une étude d'impact. Cela n'a pas été le cas, il appartient donc aux professionnels de la PI de bonne volonté de s'en préoccuper à présent, pour prendre en compte une situation qu'ils subissent ou ont choisi, peut importe, mais qui s'impose à eux une fois que le législateur aura statué.
Je suis d'accord avec vous. Passons à autre chose. Dommage que la fin de la profession de CPI se fasse sans noblesse, mais au moins cela évite toute nostalgie.
Rédigé par: Ingénieur | 01 février 2009 à 10:44
Je suis d'accord avec vous sur le message... Bien que pour moi ce dossier ait été manipulé depuis le début!
Maintenant il va falloir se tourner vers notre avenir et surtout celui de nos futures générations...Il faudra porter une attention particulière à ce que ce métier (qui fait généralement notre passion) ne devienne pas inaccessible. Je pense qu'une réflexion générale doit être portée sur le modèle de formation des ingénieurs brevets :
- qui va supporter le prix de cette formation sensiblement alourdie?
- Comment cette augmentation du temps consacrée aux études va se répercuter sur le travail ou le parcours professionnel?
- Le modèle prépa+école(ou parcours universitaire)+CEIPI1+CEIPI2+EQE+CAPA est-il à terme viable ou devra-t-il laisser place à un parcours spécifique "ingénieur brevet"?
- La formation imaginée par la fusion va-t-elle pousser les gens à passer par un cycle long? Est-ce préférable?
Autant de questions qui n'ont malheureusement pas été posées pendant ce débat et qui concernent des sujets que l'on se doit maintenant d'anticiper.
Rédigé par: Non CPI | 02 février 2009 à 09:10
Pierre Breese mérite bien son surnom de langue de pute.
Rédigé par: toto | 03 février 2009 à 17:39