La mort annoncée de la profession de conseil en Propriété industrielle s'approche à grands pas : La "proposition de loi
relative à l'exécution des décisions de justice et aux conditions d'exercice de certaines professions réglementées" débattue aujourd'hui 14 janvier a été approuvée sur la base du rapport des Sénateurs Beteille et Zocchetto. Les amendements proposés par Me Zocchetto, avocat et membre de la commission Darrois, ont élargi ce texte initialement prévu pour les huissiers, avocats et notaires à la profession de CPI. Le projet de loi sera discuté en séance publique le 20 janvier. Cela confirme la probable entrée en vigueur avec une prise d'effet au 1er Septembre 2010. Lire le texte du projet : Téléchargement Senat
Le choix qui a été retenu est une extension a posteriori aux conseils en Propriété Industrielle de la réforme de 1990 qui a conduit à la fusion des avocats et conseils juridiques.
Et maintenant ?
Tout reste à construire : le changement de statut n'est pas une fin en soi. Quels sont les pistes à explorer, au-delà des nécessaires modifications organisationnelles ?
- Donner une réalité à cette fusion qu'une majorité d'avocats spécialisés ne souhaitaient pas et ne souhaite toujours pas, et qu'une forte minorité de CPI refuse : il convient de dépasser les oppositions pour éviter que la profession de CPI ne conduisent à un getto de parias au milieu de près de 50.000 avocats qui considèrent leurs nouveaux confrères qui leurs sont imposés avec inquiétudes et défiances
- Concrêtement, engager des travaux communs sur des sujets concrêts et opérationnels, par exemple une convergence des outils informatiques des deux professions, pour favoriser des coopérations entre futurs avocats d'origines différentes
- Au delà des travaux institutionnels de rapprochement, mener des actions fédérant les bonnes volontés de ceux des deux professions réticents à cette évolution, ainsi que les partenaires publiques (INPI, CNCPI, DGE, ...)
La fusion et la disparition des CPI étaient devenue depuis quelques semaines irréversible. On peut néanmoins regretter que cela se soit faire par un artifice parlementaire, en catimini. Par ailleurs, le projet de loi est particulièrement sobre quant aux modalités de cette fusion, ce qui laisse le doute le plus entier sur le sort qui attend les CPI actuels et plus encore celui qui attend les jeunes qui se préparaient à devenir CPI.
Extrait du rapport approuvé par la Commission des lois du Sénat
La seconde de ces réformes, qui implique un plus grand
nombre de modifications législatives, consiste à organiser la
fusion des professions d'avocat et de conseil en
propriété industrielle (articles 32 à 50
du texte adopté par la commission).
Cette fusion est souhaitée non seulement par le Conseil
national des barreaux et par la Compagnie nationale des conseils en
propriété industrielle, qui y travaillent depuis de longs mois,
mais aussi par une très large majorité des membres de ces deux
professions -657 conseils en propriété industrielle, travaillant
dans environ 200 cabinets, pour environ 48.000 avocats en 2006.
Elle constitue un instrument essentiel au service du
renforcement de la compétitivité des professionnels
français face à la concurrence étrangère.
La multiplicité d'intervenants aux compétences
asymétriques -les conseils en propriété industrielle ne
peuvent plaider- et la concurrence qu'ils se font incitent en effet leurs
clients potentiels, par exemple lorsqu'ils désirent déposer un
brevet européen, à se tourner vers un conseil allemand ou
britannique, dont les compétences sont plus lisibles. Bien
évidemment, les entreprises françaises pourraient continuer
à faire appel aux services de leurs propres salariés.
Cette réforme entrerait en vigueur le
1er septembre 2010 (article 52 du texte
adopté par la commission).
Et pour terminer un clin d'oeuil : tapez dans le moteur de recherche google "avocats CPI", et vous aurez en réponse un lien commerci suivant:
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