Verra t'on se reproduire dans le domaine de l'innovation ce qui a conduit à l'effondrement du système bancaire ?
Les agences de notation ont montré leur limites voire leurs effets nocifs dans la récente crise financière. Le krach s'expliquait avant tout par le choix des modèles de calcul et de prévision et d'une une modélisation inadaptée qui aurait conduit les acteurs financiers à une dramatique erreur de jugement, estimé à plus de 1000 milliards de dollars ! Un chercheur de l'Ecole de Management de Lyon rappelle :"Quand un trader choisit d'acheter ou de vendre, il se base sur un modèle qui lui permet d'estimer si le prix est correct ou non. Les modèles mathématiques sont au coeur de la finance moderne, ils façonnent le paysage du marché mondial.»Actuellement, la société PatentRating se montre très active pour tenter de vendre son modèle de scoring de brevets à des acteurs européens. Rappellons que Patentrating est une filiale de OceanTomo qui a fait l'actualité d'abord par des ventes aux enchères de brevets hypermédiatisées, puis par l'annulation des dernières opérations et une revente discrète.
L'illusion d'une prédiction automatique de la valeur d'un brevet
Patentrating propose des algorithmes de prédiction de la valeur de brevets basés sur des paramètres classiques (citations croisés, succès dans les procédures d'examen, d'opposition et litiges,...) et des traitements statistiques prenant en compte des paramètres intrinsèques et extrinsèques (voir par exemple les brevet US6556992, US617852, ou US6330547. Patentrating se fait fort de fournir un score IPQ "no law degree required". Et pour anticiper toute critique, précise que bien sur les spécialistes se montreront réticents simplement parce qu'ils craignent de perdre du "business".
L'arrivée de telles sociétés dans le secteur fragile de la PI n'est pas une bonne chose. La financiarisation artificielle, organisée par des intervenants n'ayant pas d'expérience de terrain en matière d'innovation et d'utilisation de la PI pour créer de l'activité industrielle, conduira, comme dans le secteur bancaire dans le passé, à des illusions. La vente d'OceanTomo ne constitue t'elle pas un équivalent d'un "marché dérivé" des droits de la PI ? On vend les actions de celui qui vendait les brevets...
Patentrating se targue par ailleurs d'avoir vendu ses prestations pour une centaine de milliers de dollars à des grandes entreprises. Cela semble faire rêver quelques intervenants français prêt à s'allier à Patentrating plutôt que de bâtir une offre originale, créatrice de valeurs et pas seulement d'illusions.
Il serait très regrettable que des initiatives baroques retarde le développement d'un vrai marché des technologies, dont les brevets constituent un élément essentiel mais qui ne doit pas être découplé de l'accès aux compétences techniques et industrielles ni du savoir-faire.
Il existe un vrai besoin de dynamiser le marché des transferts de technologie, dans l'intérêt des industriels, des inventeurs et innovateurs, et du public qui bénéficiera du renforcement des activités économiques et industrielles et de l'accès à des produits innovants.



Il y a un vrai besoin dans ce domaine. Les investisseurs sont souvent démunis face à un projet et leur analyse du portefeuille PI se limite souvent à une mesure quantitative.
Si nous voulons éviter le développement de ces agences de notations mathématiques, nous devons être à même de proposer aux investisseurs un produit concurrent compétitif (en terme de coût et de rapidité). Nous savons faire ce genre de choses, encore faudrait il que les instances chargées de nous promouvoir le fassent savoir.
Rédigé par: moz | 18 septembre 2009 à 10:30
Pierre a mille fois raison de souligner que la valeur d'un brevet ou d'un ensemble de brevets est tributaire de la technologie non brevetée non brevetée et des ressources qui lui sont liée (accès aux fournisseurs, prestations d'assistance, etc).
D'autre part, la notion de valeur dépend considérablement du contexte propre à l'acquéreur potentiel. Il existe sur cette question de très nombreuses publications qui mettent cela en évidence.
Francis Hagel
Rédigé par: francis hagel | 19 septembre 2009 à 20:05