Bibliographie

31 mars 2009

Rapport Darrois : rien de nouveau

commission_darrois.jpg

Sans surprise, le rapport Darrois prend acte de l'absorption de la profession de CPI par celle d'avocats, en admettant honnêtement les risques d'assèchement de la voie ingénieur. Relevons une appréciation peu flatteuse des CPI, accusés d'incapacité de prendre en compte les attentes des entreprises et de comprendre les enjeux internationaux. Merci à Mr Delmas, membre du Conseil de l'Ordre d'avoir diffusé ce rapport.


...Les conseils en propriété industrielle 

La réflexion relative au rapprochement entre les professions d’avocat et de conseil et propriété industrielle (CPI), récurrente depuis une dizaine d’années, s’est d’abord orientée vers l’interprofessionnalité, mais ce projet s’est heurté à une vive opposition des avocats. 
Les différentes auditions auxquelles a procédé la commission ont mis en exergue les lacunes du système actuel : 
  • manque d’attractivité de la filière auprès des ingénieurs; 
  • incapacité de répondre aux attentes de certaines entreprises qui recherchent des « guichets uniques » 
  • retard à prendre pleinement conscience de la dimension internationale de leur activité professionnels anglais ou allemands.
Une proposition de loi examinée par le Sénat en janvier 2009 tend à la fusion entre les professions d’avocat et de CPI, et l’assemblée générale du Conseil national des barreaux le 12 septembre 2008 comme la Chambre nationale des conseils en propriété industrielle le 15 octobre 2008 ont voté la fusion de leurs deux professions.

La commission estime que cette réforme permettra de consacrer la prédominance du droit dans la filière propriété industrielle : si les aspects techniques de cette activité sont fondamentaux, les aspects stratégiques et économiques et, donc par nature juridiques, devraient croître dans les prochaines années. 

Elle va dans le sens de l’attente des professionnels et du renforcement des cabinets français. 

L’argument de la faible formation juridique des CPI doit être relativisé. Il existe deux types de profils au sein cette profession : 
  • les juristes - titulaires d’une maîtrise en droit pouvant à ce titre se prévaloir de la passerelle simplifiée vers la profession d’avocat 
  • et les ingénieurs. 
Dans l’hypothèse d’une fusion, les ingénieurs bénéficieraient, en l’état actuel du projet, d’une formation juridique adaptée de 600 heures s’ajoutant au cursus de formation très qualifiant et performant dont ils disposent déjà. 

Il conviendra toutefois de rester vigilant sur l’impact d’une telle réforme sur la formation de ces futurs professionnels, notamment sur un possible assèchement du recrutement des ingénieurs.Téléchargement RapportDarrois

11 février 2009

La proposition de loi incluant les dispositions relatives à la fusion CPI-avocats adoptée au Sénat

Image 9 Le Sénat a adopté ce 11 février 2009 les articles 32 à 50 de la "Proposition de loi relative à l'exécution des décisions de justice". Les Sénateurs Richard Yung, Pozzo di Borgo et Sutour ont développé des arguments visant à repousser l'adoption :

- le débat sur la "grande profession du droit" est encore en cours dans le cadre de la commission Darrois
- les milieux intéressés tels que la CGPME, le MEDEF et le CSPI sont hostiles à la disparition de la profession de CPI
- aucun autre pays n'a fait ce choix, pas même l'Allemagne où l'interprofessionnalité est la règle, mais n'est adoptée que par deux cabinets 
- il existe une grande différence entre les avocats et les CPI
- la disparition des CPI constitue un appauvrissement pour les PME, à un moment où il faut renforcer ces dernières
- les Conseils de l'ordre de Paris, Lyon et Marseille sont hostiles à cette mesure.

Image 12

Le rapporteur a répliqué que "les CPI forment une profession qui se meurt, qui disparaît (sic)" et il faut adopter cette mesure pour éviter que les dépôts de brevets ne soient effectués à l'avenir que par des cabinets anglais ou allemands.
Les résistances émanent d'une 'association des avocats spécialisés" qui ne signent pas leurs missives et qui représentent sans doute quelques cabinets puissants qui ne veulent pas changer leur organisation et qui ont "peur du changement".
M Sutour du groupe PS conclut en reprochant la méthode retenue consistant à ajouter en commission des lois ces articles à une proposition qui n'avait pas grand rapport avec le sujet. La séance a été suspendue, les votes étant égalitaires initialement. Finalement, après recomptage, les articles 32 à 50 sont adoptés à 17h30 "à l'arraché", à une voix près (154 pour, 153 contre).
Dont acte.
Les différents intervenants prévoient des amendements lors de la navette parlementaire. Espérons qu'ils ne dénatureront pas ce texte somme toute convenable pour préserver une activité de conseil en propriété industrielle de qualité dans un cadre statutaire nouveau.Téléchargement 2009_02_11_Senat

14 janvier 2009

CPI : le chant du cygne d'une profession règlementée

Cygne La mort annoncée de la profession de conseil en Propriété industrielle s'approche à grands pas : La "proposition de loi
relative à l'exécution des décisions de justice et aux conditions d'exercice de certaines professions réglementées" débattue aujourd'hui 14 janvier a été approuvée sur la base du rapport des Sénateurs Beteille et Zocchetto. Les amendements proposés par Me Zocchetto, avocat et membre de la commission Darrois, ont élargi ce texte initialement prévu pour les huissiers, avocats et notaires à la profession de CPI. Le projet de loi sera discuté en séance publique le 20 janvier. Cela confirme la probable entrée en vigueur avec une prise d'effet au 1er Septembre 2010. Lire le texte du projet :
Téléchargement Senat
Le choix qui a été retenu est une extension a posteriori aux conseils en Propriété Industrielle de la réforme de 1990 qui a conduit à la fusion des avocats et conseils juridiques.

Et maintenant ?

Tout reste à construire : le changement de statut n'est pas une fin en soi. Quels sont les pistes à explorer, au-delà des nécessaires modifications organisationnelles ?

  • Donner une réalité à cette fusion qu'une majorité d'avocats spécialisés ne souhaitaient pas et ne souhaite toujours pas, et qu'une forte minorité de CPI refuse : il convient de dépasser les oppositions pour éviter que la profession de CPI ne conduisent à un getto de parias au milieu de près de 50.000 avocats qui considèrent leurs nouveaux confrères qui leurs sont imposés avec inquiétudes et défiances
  • Concrêtement, engager des travaux communs sur des sujets concrêts et opérationnels, par exemple une convergence des outils informatiques des deux professions, pour favoriser des coopérations entre futurs avocats d'origines différentes
  • Au delà des travaux institutionnels de rapprochement, mener des actions fédérant les bonnes volontés de ceux des deux professions réticents à cette évolution, ainsi que les partenaires publiques (INPI, CNCPI, DGE, ...)

La fusion et la disparition des CPI étaient devenue depuis quelques semaines irréversible. On peut néanmoins regretter que cela se soit faire par un artifice parlementaire, en catimini. Par ailleurs, le projet de loi est particulièrement sobre quant aux modalités de cette fusion, ce qui laisse le doute le plus entier sur le sort qui attend les CPI actuels et plus encore celui qui attend les jeunes qui se préparaient à devenir CPI.

Extrait du rapport approuvé par la Commission des lois du Sénat

La seconde de ces réformes, qui implique un plus grand nombre de modifications législatives, consiste à organiser la fusion des professions d'avocat et de conseil en propriété industrielle (articles 32 à 50 du texte adopté par la commission).

Cette fusion est souhaitée non seulement par le Conseil national des barreaux et par la Compagnie nationale des conseils en propriété industrielle, qui y travaillent depuis de longs mois, mais aussi par une très large majorité des membres de ces deux professions -657 conseils en propriété industrielle, travaillant dans environ 200 cabinets, pour environ 48.000 avocats en 2006.

Elle constitue un instrument essentiel au service du renforcement de la compétitivité des professionnels français face à la concurrence étrangère. La multiplicité d'intervenants aux compétences asymétriques -les conseils en propriété industrielle ne peuvent plaider- et la concurrence qu'ils se font incitent en effet leurs clients potentiels, par exemple lorsqu'ils désirent déposer un brevet européen, à se tourner vers un conseil allemand ou britannique, dont les compétences sont plus lisibles. Bien évidemment, les entreprises françaises pourraient continuer à faire appel aux services de leurs propres salariés.

Cette réforme entrerait en vigueur le 1er septembre 2010 (article 52 du texte adopté par la commission).

Et pour terminer un clin d'oeuil : tapez dans le moteur de recherche google "avocats CPI", et vous aurez en réponse un lien commerci suivant:Image 5

18 décembre 2008

Bureau de la CNCPI : pas de changements

Les élections pour le renouvellement du bureau de la CNCPI ont conduit à la reconduction du bureau sortant, rééelu avec 59% des votants. Deux listes étaient en présence, et malheureusement la campagne a conduit à une bipolarisation agressive pour ou contre l'unification, sans aucune autre proposition pour la profession. Le vote reflête a peu de chose près le rapport pro/anti. 

Gauguin_gardien_de_cochons_1888 Président : Christian Derambure
Vice-présidents : Alain Michelet, Luc Santarelli, Virginie ZancanDanse
Trésorière : Cyra Nargolwalla
Secrétaire : François Pochart
Membre sans attribution : Thierry Desbarres, Jean-Baptiste Duranton, Xavier Demulsant

Certes, la plupart des CPI élus sont de qualité. Mais il est dommage que toute l'énergie soit consacrée à la question de l'unification, qui relève en réalité de la volonté des pouvoirs publics de supprimer les "petites professions règlementées" de moins de 2000 personnes, et de les regrouper toutes dans le statut d'avocat. En militant en faveur de sa disparition, la profession de CPI facilite sans doute le travail de la Chancellerie, surtout si le rapport Darrois devait conclure également en faveur de l'unification.

La démarche du bureau ressemble à celle d'un sorcier qui, à l'annonce d'un bulletin de tempête, entame une danse de la pluie, pour s'enorgueillir ensuite d'avoir fait pleuvoir. Attention, ceux qui n’aiment pas la pluie pourraient le lui reprocher, même si en réalité il n'y est pour rien !

Faisons nous une raison : il est aujourd'hui probable que dans le projet gouvernemental de créer une "grande profession d'avocats", la profession de CPI sera la prochaine "à passer à la casserole", car c'est l'une de celle qui ne fait pas trop de difficultés voire participe à sa propre disparition.

A court terme, parions que cela n'aura pas trop d'effets négatifs : les CPI continueront à faire leur métier, même s'ils se feront appeler "maître", et continueront à coopérer avec les avocats de souche pour le contentieux. Les CPI en tireront-ils un avantage compétitif ? Rien n'est moins sur, et en tout cas aucune étude d'impact n'a été menée.

Espérons simplement que l'issue, quelle qu'elle soit, intevienne rapidement pour mettre fin à cette période d'attente, où la profession de CPI se partage entre division et volonté de disparaître.

Cela n'empêche heureusement pas quelques cabinets à mener des projets de développements, par l'élargissement de leurs prestations, par l'internationalisation, voire des expériences pilotes de rapprochement sous une même enseigne avec des avocats.

27 septembre 2008

Absorption des CPI par les avocats : un non-évènement ?

Allez, un nouvel épisode dans le feuilleton de la fusion avocats-CPI : Le « Projet d’unification des professions d’avocat et de conseil en propriété industrielle - Une nouvelle dynamique pour l’offre de services PI » a été adopté par le CNB « en tenant compte des réserves et observations initialement [par le CNB] notamment en matière de formation. » Ces réserves vont toutefois à l’encontre de demandes impératives formulées par les CPI… « On ne sort de l’ambigüité qu’à son détriment » indiquait le Cardinal de Retz. Téléchargement CNCPI.pdf

Une nouvelle dynamique : une question de statut ?

DivisionsLa CNCPI, dissimulée derrière un "Pr Bousquet" que personne n'a jamais vu, relaie avec complaisance sur son blog l’échange d’invectives entre « CPI en colère » et « CPI qui en a marre » tentant de se convaincre sans succès que la fusion est la voie du salut ou au contraire le début d’un cataclysme professionnel. En réalité, aucune étude d’impact n’a été menée, et il est probable que si ce projet disparaît sous la pression des entreprises, du CSPI, du ministère de la Recherche, et des opposants de tous bords, les CPI ne s’en porteront pas plus mal. Et si, sous la pression des hiérarques des deux professions, ce projet devait être adopté, nous saurons nous adapter. Mais dans les deux cas, les CPI sortiront affaiblis par les divisions que la gestion malhabile de ce dossier a provoquées.

Une nouvelle dynamique : une question d’action plus que de statut

En réalité, ce n’est pas un changement de statut qui créera une « nouvelle dynamique » : c’est la capacité des CPI a faire évoluer leurs pratiques pour qu'elles répondent mieux aux attentes des clients, à s’organiser pour intégrer la dimension internationale, à créer des structures puissantes et agiles.Vision

Bredema que je dirige a choisi d’intégrer le groupe de PI paneuropéen Novagraaf. Dans certains pays où Novagraaf est présent, l’activité est totalement dérèglementée, dans d’autres non : aucune différence significative dans la qualité des prestations ou dans l’expertise des professionnels. Par contre, l’attractivité d’un groupe paneuropéen de professionnels multiculturels, de haut niveau et capable de constituer une équipe de plusieurs dizaines de professionnels pour répondre aux besoins d’un grand client, est manifeste. Et la dynamique ne résulte pas d'un hypothétique changement de statut, mais de la volonté de professionnels de la PI fier de leur métier et de leur spécificité, ouverts à l'échange des meilleurs pratiques et à la mobilité internationale et animés par une constante remise en cause positive et constructive.

Bientôt, le renouvellement du bureau de la CNCPI

Le renouvellement du bureau de la CNCPI en décembre sera l’occasion de réfléchir sur notre stratégie collective, dans le respect des personnes, et des engagements qui ont pu être pris sur les dossiers en cours. Mais nous devons sortir d’un immobilisme où les combats sont perdus les uns après les autres et qui nous isole de nos partenaires naturels.

Nous devons retrouver, à l’instar de nos clients industriels, une vision créative et audacieuse, donnant de réelles perspectives à tous les CPI, brevets comme marques, jeunes comme anciens et surtout privilégiant des actions recréant l'unité et la confiance. Téléchargement 2008-09-12_unification.pdf

09 juillet 2008

Mission Darrois : une remise à plat du dossier du rapprochement avocats-CPI

Jmdarrois Après une année d'errements qui a conduit à de profondes divisions, le rapprochement avocats-CPI va sans doute être suspendu jusqu'à la remise du rapport confié à l'avocat d'affaires Jean-Michel Darrois (époux de la célèbre photographe Bettina Rheims). La mission confiée par le Président de la République concerne l'organisation d'une "grande profession du droit". Téléchargement Darrois.jpg L'objectif est de "renforcer la compétitivité de la profession d'avocat"

Entretemps, la décision concernant la contestation sur la validité de l'AG de la CNCPI sera rendue (délibéré au 28 septembre, après une brève plaidoirie ce 9 juin, sans surprise). Espérons que le Ministre des Finances ou le directeur de l'INPI décideront aussi de rendre public le rapport du Conseil Supérieur de la Propriété Industrielle, qui écarte la solution de la fusion et privilégie l'interprofessionnalité.

Composition de la commission entourant Jean-Michel Darrois : deux professeurs de droit - Laurent Aynes et Christophe Jamin -, deux parlementaires - François Zochetto (sénateur UDF et avocat), Sébastien Huyghe (député UMP et notaire) -, l'ancien ministre socialiste Henri Nallet, un conseiller d'Etat Olivier Fouquet, Christophe Ingrain (magistrat et adjoint de Patrick Ouart, conseiller justice de Nicolas Sarkozy), Henri Potocki (magistrat), le syndicaliste Jean Kaspar, Hans Peter Frick, le secrétaire général du groupe Nestlé pour les grandes entreprises, et Françoise Holder, patronne de Ladurée pour les PME.

Cette remise à plat du dossier est bienvenue et permet de sortir de l'ornière actuelle. Espérons que les professionnels seront consultés d'une manière constructive et ouverte, et que le bureau de la CNCPI tiendra les CPI informé des contacts avec la commission Darrois.

05 juin 2008

Pour une évolution libre de nos professions

Liberte Nouveau rebondissement dans le feuilleton de la fusion CPI-avocats : les AG du CNB et de la CNCPI avaient conclu à des conditions impératives eet en partie antinomiques; Un discret passage en force a été tenté sous forme d'un "cavalier parlementaires" subrepticement introduit dans le projet de loi sur la Modernisation de l'Economie. Cet amendement, dont la Chancellerie est à l'origine, prévoyait d'autoriser le gouvernement à supprimer la profession de CPI par voie d'ordonnance. (voir le texte dans la suite de note).

La vigilance des milieux intéressés et une action conjuguée des représentants des entreprises, des avocats spécialisés, du bâtonnier Charrière Bournazel et du sénateur Yung, ont conduit au retrait de cet amendement. Le Bureau de la CNCPI semble ne pas avoir été informé de cette manoeuvre, ce qui dénote une bien médiocre considération pour notre profession. (Notons que si cette manoeuve avait été engagée avec l'accord des représentants de la CNCPI, cela releverait de la forfaiture puisque contraire à l'engagement de convoquer une nouvelle AG pour soumettre le projet de loi.)

A la suite de cette tentative de retirer aux professionnels concernés et à leurs partenaires (industrie, INPI) le soin de décider de leur avenir, le conseil d'administration de l'APEB réunissant l'ensemble des professionnels de la PI (avocats, CPI, spécialistes de lindustrie) s'est exprimé, à l'unanimité moins une abstention pour :

  • désapprouver la tentative de passage en force devant le Sénat d'un amendement habilitant la Chancellerie à procéder à la fusion des deux professions par ordonnance.
  • se féliciter du retrait in extremis de cet amendement dû aux interventions éclairées du Bâtonnier Charrière Bournazel et d'autres personnalités.
  • constater que loin d'être "très attendue par les professions concernées" cette fusion est contraire à l'attente d'une très large majorité des membres issus des trois collèges (Avocats, CPI et Industrie)
  • s'opposer à la fusion forcée des deux professions
  • se prononcer en faveur d'une interprofessionnalité libre et négociée.
  • s'associer et participer aux travaux de toutes les associations et instances représentatives concernées agissant en faveur d'une interprofessionnalité libre et négociée construite sur les principes de la loi du 31 décembre 1990 modifiée par la loi NRE du 15 mai 2001 et sur la base d'un décret d'application permettant la liberté d'entreprendre sans contrainte de majorité de capital pour l'une ou l'autre des professions.

Une fois de plus, on constate un décalage entre la volonté effective des professionnels de la PI, et certains discours officiels. La très faible majorité receuillie lors de l'AG de la CNCPI où, malgré l'effet d'aubaine et les conditions impératives, seuls 52% des CPI ont approuvé la poursuite des discussions, aurait du conduire a plus de considération pour les très nombreux CPI attachés à leur profession et fiers de l'exercer.

Il est tant de revoir la méthode de négociation pour prendre en compte l'intérêt effectif des professionnels de la PI, plutôt que de poursuivre les incantations sur des prétendus avantages d'une fusion auxquels plus personne ne croit.

Lire la suite "Pour une évolution libre de nos professions" »

13 mai 2008

Les CPI autorisent sans enthousiasme la poursuite des discussions en vue d'une éventuelle intégration dans la profession d'avocats

Shadock Sur 500 votants, 260 voix (52%) se sont portées en faveur de l'adoption d'une résolution prolongeant le mandat du Président pour discuter d'une absorption par la profession d'avocats, mais avec des conditions résolutoires impératives en ce qui concerne les conditions de formation et d'accès pour les ingénieurs Ceipistes. 236 votants, soit 48%, auraient préféré mettre fin aux négociations dès à présent. Ce résultat très mitigé montre que les CPI sont très réservés sur ce projet, contrairement à ce que laissait croire la virulence de certains zélateurs d'un "changement" pour le moins controversé, et pas par crainte primaire du changement comme le bureau tentait de le faire croire.

La résolution adoptée ne propose toutefois pas de solution à la contradiction entre les exigences des CPI et celles de certains avocats en matière de formation et de conditions d'accès pour les ingénieurs. Elle ne tient pas non plus compte de l'attachement des avocats à l'uniformité de leur profession.

Une décision somme toute raisonnable

Les vives réactions au vote du CNB acceptant d'intégrer les CPI sous réserve que les futures générations d'ingénieurs subissent le cursus propre à toute avocat ont permis de mieux encadrer le mandat de négocier confié au Président de la CNCPI. Le vote mitigé mais marginalement positif de l'AG de la CNCPI est raisonnable : il évite une rupture brutale des discussions, tout en indiquant les limites impératives des modalités d'une fusion. Ces limites ne convergent pas pour l'instant avec les limites toutes aussi impératives fixées par les avocats à leurs représentants. Le vote de l'AG du 13 mai devrait permettre d'apaiser les esprits en prenant en compte les critiques les plus importantes exprimées après le vote du CNB, et en prenant en compte la volonté d'une partie des CPI de ne pas abandonner la voie de la fusion tant qu'un espoir de modalités raisonnables subsiste.

Une fusion à haut risque

Dans le contexte actuel, une fusion, même respectueuse des conditions impératives prévues par la résolution votée par les CPI, présenterait de grands risques sans pour autant apporter de réponse aux objectifs visés :

  • Risque que les négociations à venir conduisent une nouvelle fois à des solution ambigües voire innacceptables pour les futurs candidats : nous devons garder la plus grande vigilance sans nous laisser intimider
  • Risque que les conditions d'accès dérogatoires acceptables négociées pour les ingénieurs Ceipistes ne soient pas in fine retenues lors des débats parlementaires, et/ou ne soient pas pérennes
  • Risque d'une fusion dans la division, entre une petite majorité de CPI favorables et une forte minorité de CPI subissant cette fusion, et entre une population de CPI en partie favorable et une majorité d'avocats spécialisés fortement réticents à cette fusion
  • Risque de difficulté de recrutement et de fidélisation des jeunes ingénieurs ne bénéficiant pas des clauses de grands-pères, et de dispersion des CPI dans une multitudes de cabinets d'avocats non spécialisés attirés par une nouvelle offre d'appel de clients industriels
  • Absence d'étude d'impact d'une telle fusion sur nos clients français et étrangers. Nous ne disposons d'aucune donnée sérieuse permettant d'apprécier, au-delà des déclarations de certaines organisations professionnelles et de supputations, si une telle fusion aura un impact positif ou négatif sur la diffusion de la culture PI auprès des entreprises françaises ni sur le positionnement des professionnels français par rapport à leurs homologues étrangers.

Ne serait-il pas souhaitable d'explorer à présent des voies nouvelles qui permettent de mieux répondre aux objectifs visées ?

D'autres formes d'évolutions à approfondir dans le cadre de ce nouveau cycle de négociations

Une voie suggérée par l'ancien Président Vidon consiste à s'inspirer du système allemand, en prévoyant pour les CPI français :

  • le droit de co-plaider en matière de droits de PI
  • la possibilité de cumul des titre d'avocat et de CPI
  • l'actualisation du périmètre d'exercice de la profession réglementée de CPI

Cela irait dans le sens de la coopération renforcée proposée par l'AAPI, répondrait aux attentes des CPI notamment "marques" souhaitant pouvoir conserver la maîtrise des dossiers y compris au stade du contentieux judiciaire et plus généralement à proposer aux clients qui le souhaite (surtout étranger) un "one stop shopping". Cela conserverait par ailleurs la complémentarité si féconde entre avocats et CPI.

Surtout, cela préserverait l'originalité d'une profession hybride, combinant l'expertise scientifique et technique à l'expertise juridique, ainsi que la globalité des droits de propriété intellectuelle.

Le renforcement du rayonnement des professionnels français passera alors par une meilleure coordination entre avocats et CPI dans le domaine d'une vision française de la PI et de sa promotion à l'étranger.

08 mai 2008

Renforcer le rayonnement des conseils en PI français : une question de statuts ou d'évolution de l'offre de services ?

Conforter le rayonnement des professionnels français de la PI constitue un objectif fédérateur. Pour cela, quelques axes de réflexion peuvent être approfondis. Ils ne sont pas liés au mode d'exercice du métier de CPI : ne nous trompons pas d'objectif en nous obstinant dans des constructions statutaires qui n'apportent pas de réponse aux vrais enjeux. Changer de statut en conservant un statu quo en matière d'exercice de notre métier ne résoud rien. Et pour faire évoluer l'exercice de notre métier, nul besoin de réformes statutaires.

Renforcer la dimension stratégique des prestations

Medium_proprietLes entreprises, tant PME que grands groupes, attendent de leur conseil non seulement une expertise forte en matière de constitution et de défense des droits de PI, mais de plus en plus une approche stratégique. C'est le cas en matière de brevets, où le Conseil doit prendre en compte la réflexion sur l'opportunité des dépôts et de la conservation des brevets, mais aussi sur la gestion du savoir-faire par le secret plutôt que le brevet, l'organisation optimale des portefeuilles par la constitution de grappes cohérentes et la limitation des dépenses affectées à des brevets non stratégiques, ainsi que des démarches telles que l'analyse des brevets des concurrents pour stimuler l'innovation.

Ce même objectif se retrouve dans le domaine des marques et des modèles : optimisation des portefeuilles de marques pour optimiser le ratio "pertinence juridique et stratégique/coût", la gestion préventive des questions de marques et modèles, l'anticipation des risques, organisation des relations entre le marketing et le juridique...

De manière plus globale, le Conseil en PI doit accompagner l'entreprise dans le management de sa PI en relation avec sa politique d'innovation, de créativité et de consolidation de ses positions concurrentielles dans ces différentes dimensions économiques, commerciales, humaines et bien sur juridiques.

Intégration et coordination de servicesMultitools

Sans doute certaines entreprises souhaitent le "one stop shopping", mais c'est loin d'être une demande généralisée. Dans la situation actuelle, le CPI intervient comme intégrateur en constituant en cas de besoin un binôme avec un avocat avec lequel il partage une connivence intellectuelle pour challenger avec lui les arguments. Ce mode de partenariat a prouvé son efficacité et n'entraîne pas de surcoût significatif par rapport à la situation à l'étranger, hormis peut-être pour des affaires de peu d'enjeux financiers. Pour ces dernières, sans doute la possibilité pour les CPI de co-plaider constituerait la bonne solution. Rappelons d'ailleurs que les entreprises ne s'étonnent pas que l'avocat agisse comme intégrateur en choisissant ou proposant un avoué ou un postulant ni que leur CPI intègre les services de correspondants étrangers, voire de prestataires en matière de paiement d'annuités, de renouvellement de marques ou de recherches de marques. le "one stop shopping" n'implique donc pas de transformer nos cabinets en couteaux suisses multicompétences intégrées.

Conquérir des parts de marché supplémentaires pour les dépôts de brevets européens et de marques et modèles communautaires

Seulement 3% des demandes de brevets européens sont traités par des mandataires français. Il faut faire progresser ce chiffre, non seulement pour augmenter le chiffre d'affaires de la profession mais aussi pour conserver et augmenter l'expérience des professionnels français en matière de procédures d'examen et d'opposition. Il en est de même en matière de dépôts de marques et modèles communautaires. Sans doute un des moyens sera de construire des cabinets paneuropéens pour attirer les dépôts provenant de non-européens, mais aussi pour conforter les cabinets français auprès des sociétés industrielles implantées dans plusieurs pays.

Adaptation et personnalisation des offres de service aux différents segments de marché

Un autre enjeu est l'adaptation d'une offre aux différents segments de marchés : le besoin de qualité est constant; par contre le mode de relation du CPI avec le service PI d'un grand groupe est différent de celui avec un dirigeant de PME, avec un déposant étranger, avec start-up technologique, ou avec un service de valorisation d'un organisme de recherche public. Sans doute est-il possible de mieux structurer les offres de services pour tenir compte des spécificités de ces différents segments de marché et répondre pleinement aux attentes de ces différents types de client.

Investissement dans l'informatisation des tâches et des work-flow

L'évolution des outils informatiques, le développement des accès en ligne des offices en PI incitent à investir dans le développement des outils informatiques en vue d'automatiser des tâches et réduire le coût de certains traitements. Le gain de productivité permettra de renforcer les prestations stratégiques, que les entreprises devront accepter de payer à leur juste prix. Cette informatisation doit également conduire à une plus grande fluidité des échanges entre clients, cabinets et offices.

Pour atteindre ces objectifs, l'absorption de la profession de CPI par celle d'avocats est-elle la solution ?Don_quichotte Personnellement, je ne le pense pas. Dans ce contexte, l'AG du 13 mai est prématurée car les positions des avocats et des CPI restent radicalement éloignées, et à haut risque:

  • Si le "non" l'emporte, la déception de nombre de CPI attirés par l'accès au statut d'avocat sera profonde; ils se sentiront lésés et garderont sans doute une rancoeur tenace contre leurs confrères qui les ont privés de cette opportunité. Cela constituera aussi un désaveu injuste de tout ceux qui se sont investis souvent avec passion et conviction à cette cause jusqu'à en faire une affaire personnelle, mais qu'ils n'ont pas su faire partager leur point de vue par leurs mandants et confrères. Les divisions internes occasionnées à l'occasion de ce dossier seront longues à cicatriser et la Profession sera durablement affaiblie.
  • Si le "oui" l'emporte, l'ambiguité se prolongera : les représentants des deux professions concernées négocieront, chacun avec des mandats impératifs comportant des réserves opposées. Ils ne pourront qu'acter des divergences entre les réserves impératives, ou les bafouer, ce qui renforcera la défiance entre eux et leurs mandants. Si malgré cela, la profession de CPI était intégrée dans celle d'avocats, le groupe "d'avocats spécialisés en PI" serait dès le départ affaibli par les divisions entre avocats "de souche" considérant les nouveaux confrères ex-CPI comme des imposteurs, et il est peu probable que dans ces conditions, cette absorption contribue à l'objectif de renforcer la puissance des acteurs français.

Un brin d'optimisme :

  • Les réactions vives après l'adoption par le CNB du rapport TUFFREAU II durci et les communications maladroites dans la Tribune et le journal de l'UJA ont ouvert des espaces de discussion et de débat certes virulents et passionnés mais qui permettent de mieux comprendre les arguments de chacun. La soirée de l'AACEIPI a été exemplaire en permettant à chaque sensibilité d'exprimer son point de vue, dans le respect des personnes et l'affirmation d'un attachement commun à des fondamentaux tels que la qualité de la PI, l'ambition européenne et l'énergie des différents professionnels. Cette réunion n'a pas permis de rapprocher les points de vue, mais au moins de clarifier les positions et les oppositions et de confronter les opinions publiquement. Ces débats ont aussi conduit à sortir d'une gestion "paternaliste" voire autiste du dossier, et a une réelle prise en compte des arguments sérieux exprimés par les différents intéressés.
  • Si le statu quo s'impose, il faudra travailler activement à reconstruire l'unité au sein des CPI et avec leurs partenaires sur des sujets fédérateurs, et la passion qui anime tous les participants aux différentes réunions et forum permet d'espérer que nous saurons nous retrouver sur de tels sujets. Ces débats auront aussi permis de prendre mieux conscience de l'intérêt de la complémentarité entre avocats et CPI, et des qualités de nos statuts respectifs.Ce statu quo n'est pas l'immobilisme, et devra s'inscrire dans une dynamique (élargissement du périmètre d'exercice, droit de co-plaider,...)
  • Si l'absorption l'emporte à terme, l'énergie des professionnels permettra de dépasser les inconvénients d'une telle fusion : j'ai l'expérience personnelle de la gestion d'une fusion ratée à laquelle non seulement on survit, mais qui in fine permet de construire un projet solide ;-)
    Une telle situation entraînerait sans doute à court terme peu de changement : les CPI continueront à exercer leur métier comme aujourd'hui, en partenariat avec des avocats "de souche" pour le contentieux. A moyen terme sans doute, les effets seront des regroupements entre différents types de cabinet et une dilution des professionnels de la PI.

Mais en tout état de cause, une telle issue ne pourra bafouer des principes essentiels :Thtis

  • l'accès à la profession doit rester abordable pour les jeunes ingénieurs et ces derniers ne peuvent être écartés des discussions car ils sont les premiers concernés.
  • la formation doit rester concentrer sur le droit de la PI et les droits connexes sans dispersion inutile. La qualité de l'expertise en PI doit être au plus haut niveau international, avec une charge de travail raisonnable pour un jeune ayant déjà un parcours scientifique supérieur à celui de beaucoup d'agents de brevets étrangers.
  • la fluidité du passage entre exercice libéral et exercice en entreprise doit être totalement préservée
  • une telle fusion est incompatible avec le maintien du dogme de l'uniformité de la profession d'avocat. Si elle devait aboutir, elle implique l'acceptation sincère d'une évolution majeure vers une spécialisation de certains "avocats" de formation hybride qui se cantonneront dans une spécialité, même si leur statut leur confère une compétence théoriquement universelle.

En tout état de cause, l'objectif premier est de reconstruire l'unité de tous les acteurs français autour d'une vision renouvelée de nos métiers. Cela implique une grande délicatesse et la renonciation à des postures arrogantes. Une partie de la profession ne pourra pas gagner sur l'autre partie. Ce serait un échec collectif. Soyons vigilant pour que le rapprochement avocat/CPI ne devienne pas pour les professionnels de la PI la pomme de discorde qui avait semé le trouble parmi les déesses grecques lors des noces de Thétis et de Pélée et qui déclencha la guerre de Troie !

01 mai 2008

L'AACEIPI organise une réunion d'information sur le rapprochement avocats-CPI le mardi 6 mai

L'AACEIPI pris d'annoncer :

Nous organisons une réunion conviviale d'information, ouverte à tous, sur le rapprochement des professions d'avocat et de conseil en propriété industrielle. Elle se tiendra :

amphithéatre G du Pôle Universitaire Léonard de Vinci 2, avenue Léonard de Vinci CourbevoieAccespulv le mardi 6 mai 2008 de 17h30 à 19h30

sous forme de questions-réponses avec les participants, suivies par un pot amical qui se terminera vers 20h30.

Parmi les intervenants, figureront au moins deux avocats et deux CPI, chacun exposant brièvement les thèses en présence, et des représentants d'autres familles, tels les usagers de la PI (COMIPI), les spécialistes de l'industrie (ASPI), les organismes de formation (CEIPI) ou institutionnels (INPI, CSPI) et les magistrats.

Le débat se tiendra en table ronde, très orientée vers les réponses aux questions des participants (nous en espérons une centaine).

Ces informations devraient permettre d’éclaircir notamment les conditions de formation et de statut social, et nous souhaitons que cette manifestation soit un lieu d’échanges constructifs dans le cadre de l’évolution de la profession.

Nous vous remercions de confirmer votre participation par mail à webmaster@aaceipi.org 

Transports en commun : Métro ligne 1 station "Grande Arche de la Défense" ou RER A station "Grande Arche de la Défense"  SNCF station "La Défense" Sortie E ou côté CNIT . Sur le Parvis de la défense, suivre le fléchage et emprunter la passerelle piétonne qui enjambe le Boulevard Circulaire (accès Place Carpeaux, à côté du Pouce de César). Parking : 8, avenue Léonard de Vinci.

Cette intéressante initiative est l'occasion de dépasser les polémiques intra-CNCPI et de prendre en Vinci compte les attentes de l'ensemble des acteurs français de la PI. Jean-Claude Combaldieu, ancien directeur général de l'INPI, de l'OEB et premier président de l'OHMI a attiré l'attention sur les risques d'un processus mal maîtrisé de destruction de la profession de CPI :

Au delà du problème de fond (qui soulève bien des passions) je dois appeler l’attention de la CNCPI sur deux points:

  • Le Conseil supérieur de la propriété industrielle a créé une Commission pour réfléchir au problème du rapprochement CPI/Avocats et émettra ensuite un avis qui sera transmis aux Ministres concernés. Il me parait innaproprié que la Compagnie prenne une position (qui serait définitive si j’ai bien compris?) sans connaitre l’avis du CSPI.
  • Le CNB est un Etablissement Public alors que la CNCPI est selon la loi (L422-9) un organisme placé auprès de l’INPI, le DG de l’INPI nommant les Conseils. Il y a là une différence de statut juridique qui fait que ces deux organismes n’ont pas la même capacité décisionnelle. Il ne me parait guère possible que la Compagnie puisse décider par un vote de son devenir, de sa disparition à terme et du statut de ses membres.

Saisissons l'occasion proposée par l'AACEIPI pour construire une vraie vision innovante et collective de la place des différents professionnels français de la PI, sans a priori ni dogme.

Il est à présent primordial de rechercher à reconstruire l'unité hélas fissurée entre nous CPI, et entre CPI et leurs partenaires. Pour cela, l'écoute des autres et l'humilité dans l'exposé des convictions doivent nous guider tous, quelles que soient nos engagements, nos responsabilités et nos souhaits. Plus encore, le respect bienvaillant des opinions contraires doivent redevenir la règle pour chacun sans exception.

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    Docteur ès sciences de gestion à Paris-Dauphine, est cofondateur de NAVIDIS, Etienne est l'animateur infatigable d'une immense communauté de jeunes entrepreneurs.
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