Protocole de Londres : le sénat adopte le projet de loi de ratification, et met fin à des débats qui dégénéraient
Après un débat d'une grande dignité, le Sénat a adopté, après le Parlement, la loi de ratification du Protocole de Londres avec 280 voix "pour" contre 33 voix "contre". Cela met fin à un mauvais feuilleton, que le rapporteur Hubert Haenel n'a pas manqué de rappeler : "Face aux nombreux lobbies qui nous submergent depuis quelques semaines, je rappellerai simplement que l'unique objet de cet accord est d'alléger les exigences en matière de traduction afin de réduire le coût du brevet européen."
Quelques interventions remarquables (pour plus de détail, voir le site du sénat):
"II ne suffit donc pas d'aimer et de défendre le français pour le faire vivre, il faut aussi l'illustrer : chercher, créer, inventer et diffuser nos découvertes à travers le monde. Car c'est le prestige international de la recherche française qui attirera demain dans notre pays les jeunes scientifiques étrangers qui y apprendront tout naturellement le français."
Permettez-moi, à cette occasion et à titre d'illustration, de féliciter encore Albert Fert, professeur à l'université Paris XI, à qui le prix Nobel de physique a été décerné ce matin. ((Applaudissements). Voilà comment notre recherche se fait connaître à l'étranger ! Et c'est ainsi, qu'en retour, les scientifiques étrangers noueront avec la France et avec sa langue des liens qui les rendront plus fortes encore. C'est ainsi que la culture française rayonnera, à travers le talent de ces étrangers, qui la choisiront comme l'a choisie hier une toute jeune Polonaise nommée Marie Curie ou ce jeune Irlandais appelé Samuel Beckett, et comme la choisissent aujourd'hui des écrivains aussi prometteurs que Jonathan Little ou Nancy Huston.
Voilà pourquoi nous avons le devoir de donner à l'intelligence française les moyens de s'illustrer encore. Voilà pourquoi nous devons ratifier le protocole de Londres : pour ne pas laisser s'éteindre la voix de la France. Tout simplement."
La profession des traducteurs, dont le principal syndicat, SFT, a pris des positions réalistes et
constructives plutôt que de se réfugier dans un combat d'arrière-garde, a été saluée :
Il conviendra, enfin, d'accompagner les professions menacées. Un certain nombre de traducteurs seront nécessairement touchés par l'application du Protocole. Des actions de formation devraient être encouragées et le problème de leur financement étudié par les ministères concernés. La position du principal syndicat de traducteurs a considérablement évolué. Il est aujourd'hui convaincu de la nécessité, pour la profession, de s'adapter. Il est également conscient de l'existence de nouvelles opportunités pour ceux qui sauront développer et faire reconnaître leur spécialisation.
Personnellement, je me réjouis que des élus alsaciens (François Grignon, Hubert Haenel, Jean-Marie Bockel, André Schneider) aient pris une part active dans cette discussion. L'attachement à la langue française est viscérale pour les alsaciens, qui néanmoins, pour beaucoup ont appris à parler simultanément en français et en alsacien, et sont parfaitement à l'aise avec un bilinguisme perçu comme une richesse. Hopla, et salut bisame...











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