31 mars 2007

Angela Merkel, une vision claire et robuste du rôle de la propriété intellectuelle dans la mondialisation

A l'occasion d'un discours sur la Présidence allemande du G8 tenu à Davos, Angela Merkel, chancelière0125_merkel_davos allemande a évoqué l'importance qu'elle attache à la propriété intellectuelle. Ses propos tranchent par rapport aux positions souvent ambigües des candidats français à l'élection présidentielle :
"Nous nous sommes donc fixé pour but, au cours de notre présidence du G8, de placer à nouveau à l'ordre du jour davantage de thèmes économiques. Nous voulons augmenter les possibilités d'investissements dans le monde et nous mobiliser pour une égalité de traitement des investissements internationaux et domestiques. Nous voulons poursuivre les efforts conjoints du G8 visant à éliminer les déséquilibres mondiaux très marqués, notamment au niveau des taux de change ou de l'approvisionnement en pétrole. Nous voulons minimiser les risques systémiques des marchés internationaux de capitaux et accroître ainsi la transparence. Je le dis très clairement: je vois encore beaucoup de progrès à faire surtout au niveau des fonds spéculatifs. Nous voulons soutenir les innovations, clé de la croissance et de la prospérité, et faire avancer de manière considérable la protection réelle de la propriété intellectuelle dans le monde...

La protection de la propriété intellectuelle s'érode. Il est manifeste qu'un grand nombre de solutions appliquées jusqu'à présent ne fonctionnent plus très bien ou que de nombreuses questions sont encore sans réponse.

Affronter les conséquences de la mondialisation représente donc principalement un défi intellectuel, et ce, pas uniquement pour les Européens. Au cours des deux derniers siècles, nous étions habitués, en Europe, à une vision du monde très eurocentrique. Aujourd'hui, nous constatons que l'ancienne clarté que nous ressentions a disparu. Pour reprendre encore une fois la métaphore du thème de Davos de cette année: l'équation des forces d'aujourd'hui contient bien plus de variables qu'auparavant. Cela inquiète beaucoup de monde, du moins sur le continent européen."

".

28 mars 2007

Candidats à la Présidentielle et propriété industrielle : José BOVE, sans surprise la voie des altermondialistes

José Bové à répondu au questionnaires sur la propriété intellectuelle de l'APRIL sur le site candidats.fr. Sans surprise, les répoBovenses correspondent aux positions des associations altermondialistes, qui ont sans doute tenu la plume (ou le clavier) :

  • contestation du fonctionnement des offices des brevets
  • plaidoyer pour le mythe du "gratuit"
  • refus de l'EPLA
  • remise en cause globale du système des brevets
  • et une idée amusante : appliquer le système du "pollueur payeur" à l'usage abusif des brevets...

Téléchargement reponses-candidatsfr-jose-bove.pdf

“`A travers les OGM, on peut par exemple aborder la question de la gratuité et de la remise en cause de la
propriété immatérielle” (José Bové, La Décroissance, n°36, Février 2007).

La candidate Arlette LAGUILLER a la simplicité d'avouer quelle perçoit que la question est importante, mais qu'elle n'a pas mené une réflexion suffisante:  « Le sujet est important mais, malheureusement, je ne dispose pas d’un secrétariat numériquement nombreux ni d’une armée d’experts me permettant de répondre avec la compétence et la précision voulues à votre demande. Je suis, en effet, en campagne avec des déplacements nombreux et je ne peux pas me consacrer à tout le courrier que doivent recevoir tous les candidats à la présidence de la République. »

03 mars 2007

Candidats à la présidentielle et PI : Nicolas SARKOZY

SarkozyLes différentes interventions de Nicolas Sarkozy sur les questions relatives à la propriété intellectuelle laissent présager une vision maitrisée et cohérente, avec un réel courage politique d'exprimer des choix économiquement essentiels mais impopulaires et critiqués par une intelligentia altermondialiste fortement relayée par les médias. Toutefois, les questions de propriété intellectuelle, et même d'innovation et de créativité, ne semblent pas être un thème majeur dans sa campagne présidentielle.

Une conscience de l'importance de l'innovation pour soutenir l'industrie française
Pour lutter efficacement contre les délocalisations, il est nécessaire pour Nicolas Sarkozy d’investir  massivement dans la recherche et l’innovation. Et les entreprises ont là un rôle primordial à jouer. « Est-il en effet raisonnable que les grands programmes de recherche soient définis par l’Etat en déconnexion totale avec l’économie ? »
S’inspirant du modèle des grandes universités américaines, il privilégie le concept des « clusters » qui repose sur trois intervenants : les entreprises – des chercheurs pour améliorer les produits et en inventer de nouveaux – les étudiants comme réservoir d’intelligence.

Une volonté de voir ratifié le Protocole de Londres

A l'occasion d'une question posée par un parlementaire, Nicolas Sarkozy a exprimé une position claire et raisonnable, exprimant la volonté de voire ratifié le Protocole de Londres et aboutir le brevet Communautaire.
"La France regrette en effet vivement que l’accord politique intervenu en mars 2003 n’ait pas pu, à ce jour, se traduire par l’adoption d’un projet de règlement. ...Le Gouvernement est soucieux d’envisager toute évolution du droit des brevets avec la volonté d’améliorer la compétitivité de nos entreprises, tout en veillant au respect de la langue française. Il entend intégrer l’ensemble des dimensions de la question avant de retenir les voies les mieux adaptées pour rendre le système de brevets plus efficace au service de l’innovation et des entreprises françaises, en particulier les petites et moyennes entreprises."

Une position équilibré sur la question de la brevetabilité des "inventions mises en oeuvre par ordinateur"
Sur cette question très controversée pour laquelle certains hommes politiques ont fait assaut de démagogie au désespoir des entreprises innovantes, Nicolas Sarkozy s'est tenu à la position d'équilibre proposée par la Commission Européenne et l'Office Européen des brevets.

Une détermination dans la lutte contre la contrefaçon
Dans ses fonctions ministérielles, Nicolas Sarkozy s'est engagé sans état d'âme dans la lutte anti-contrefaçon, en créant le CNAC (Comité National anticontrefaçon).

Les candidats à la Présidentielle et la PI : Ségolène Royal

Tiraillée entre une perception intuitive et pragmatique de l'importance de l'innovation et de sa protection, conseillée par Michel Rocard qui avait trouvé une nouvelle jeunesse lors des débats sur la brevetabilité des inventions informatique et soumise à  une influence forte des militants "libertaires" tels que Gilles Savary, Fancois Pellegrini, Maurice Ronai et l'équipe de Temps Réel, Ségolène Royal semble plus habile à séduire chacun de ses publics que pour apporter une vraie vision de l'utilité sociale et économique de la PI. Elle énonce un souci de trouver un équilibre entre les intérêts consuméristes et ceux des créateurs et innovateurs, sans toutefois proposer de mesures ou d'orientations réellement constructives. Le mélange entre un volontarisme déclaré en matière d'innovation et une ouverture un peu démagoge au mythe du "gratuit" conduit à une grande ambiguité et une inquiétude sur la cohérence et la crédibilité de la France sur ces questions, si elle était élue.

les droits de la propriété intellectuelle

"On le sait, le droit du travail et celui de la propriété intellectuelle ont évolué de façon très séparée. Dans la société du numérique, des réseaux et de la mobilité, le droit de la propriété intellectuelle devient un droit stratégique pour l’économie et pour la société tout entière. Les débats sur la transposition en droit français de la directive européenne sur les droits d’auteur et droits voisins dans la société de l’information (DADVSI) onRoyal_2t montré au sein même de notre parti la difficulté à trouver les bons équilibres. Le débat devra être repris. Jean Zay, ministre de l’éducation nationale et des beaux-arts du Front populaire, présentant son projet de loi sur le droit d’auteur à la Chambre en août 1936 déclarait : « C’est sous le signe du travail, et non seulement sous le signe de la propriété, que doit être construit ce nouveau droit français accordant aux auteurs, dans leur intérêt propre, comme dans l’intérêt spirituel de la collectivité, la protection légitime due à ceux qui forment, suivant la magnifique expression d’Alfred de Vigny, la "Nation de l’Esprit". »"

Une connivence avec les militants du logiciel libre
"Après le débat qui vient d’avoir lieu sur le site, je souhaite poser les quelques principes à partir desquels une législation nouvelle devra être mise en place :

1. Tirer parti de la numérisation et du P2P pour faciliter l’accès des publics aux œuvres et accroître la diversité culturelle.

2. Permettre à tous, aux auteurs comme aux publics, de bénéficier du progrès technique. Empêcher qu'une catégorie d'acteurs capte ce progrès technique à son profit exclusif.

3. Reconnaître que les sources de financement de la création en matière culturelle sont et doivent rester diverses (vente à l’unité, prélèvements auprès des exploitants, redevance pour copie privée, etc.). L’Etat ne doit pas privilégier un modèle économique unique pour la diffusion des œuvres culturelles mais favoriser les modèles en phase avec les demandes de la société.

4. Favoriser l’innovation en matière de circulation commerciale des œuvres numérisées. Le succès du P2P témoigne de l'insatisfaction de nos concitoyens face à une offre culturelle perçue comme trop limitée, trop chère et trop uniforme. Les opérateurs doivent pouvoir développer des services améliorés par rapport à ce que l’on trouve aujourd’hui.

5. Encourager les créateurs qui se tournent vers les modèles ouverts de propriété intellectuelle de type Creative Commons ou Musique-libre. ...

Il faudra, pour cela, inciter les titulaires de droits à licencier leurs catalogues, selon des modalités compatibles avec l’économie de nouveaux entrants et sans les assortir de DRM qui réduisent l’utilité pour les utilisateurs."

un discours classique sur l'importance de l'innovation
Ainsi, dans une économie de la connaissance, l’innovation permet à nos entreprises d’engager la compétition avec des armes différentes que celle du bas coût et de l’alignement par le bas sur des compétiteurs utilisant le dumping social.

Innovation, création d’entreprises, dépôts de brevets, transfert de compétences et de technologies, recherche finalisée, recherche coopérative publique et privée, diffusion des avancées dans la société : dans ces domaines, notre pays prend chaque année un peu plus de retard. Si le nombre des entreprises issues des laboratoires de recherche a été multipliée par trois grâce à la Loi de l’innovation de 1999, seules 10% d’entre elles ont atteint une taille critique, la part nationale de dépôts de brevets européens diminue au rythme de 0,2 points par an.

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27 février 2007

Les candidats à la Présidentielle et la PI : François BAYROU

La propriété intellectuelle est un sujet de débats de société. Les candidats s'expriment toutefois rarement sur ces questions. Les principaux candidats se déclarent toutefois tous favorables à la promotion de l'innovation.

Bayrou Lors de l'émission sur TF1, François Bayrou a brièvement abordé la question des brevets, en réponse à une question sur la fuite des cerveaux à l'étranger. Il a proposé de défiscaliser les revenus tirés de l'exploitation des brevets, en laissant entendre que cette mesure s'appliquerait aux chercheurs (et donc aux personnes privées et  non pas aux personnes morales).

"La recherche, c'est la clé de la réussite de notre pays dans la mondialisation exempter d'impôt les revenus des brevets déposés par des chercheurs français ou résidents en France et augmentation régulière, et sur le long terme, du budget de la recherche, de l'ordre de 5 % par an sur dix ans."

Une telle mesure correspond à un effet d'annonce dont il est peu probable qu'elle ait un quelconque impact sur l'implication des chercheurs sur la valorisation industrielle de leurs travaux. D'ores et déjà, ils bénéficient de dispositions très favorables. L'extension de cette mesure à des personnes morales auraient sans doute un impact bien plus importante, en faisant de la France une terre d'accueil des entreprises innovantes. Mais un tel avantage pourrait être considéré comme excessif par les entreprises industrielles, déjà pénalisées par le coût de la main d'oeuvre. A suivre....

Signalons à cette occasion les prises de positions parfois contradictoires de François Bayrou, en ce qui concerne la brevetabilité des "inventions mises en oeuvre par ordinateur" :

2003, à l'occasion du débat devant le Parlement Européen :

"Les brevets logiciels créent une insécurité juridique pour les acteurs européens, ils mettent en danger les développeurs de logiciels libres, et le coût de leur dépot et de leur mise en oeuvre reste prohibitif pour les PME et les particuliers."

Février 2007, dans une interview au Monde Informatique :

« C’est une question extrêmement difficile. Les brevets logiciels, ou au contraire l’autre procédure qui est celle des droits, c’est extrêmement difficile et compliqué. Honnêtement, j’ai discuté avec des gens, il y a des avantages des deux côtés. Et donc pour l’instant j’ai suspendu mon jugement sur cette affaire. »


 

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  • Pour les amis alsaciens, un pastiche hilarant...

  • BREDEMA se renforce avec l'arrivée de Benjamin Martin Tardivat

    Pour renforcer l'activité marque de BREDEMA, Benjamin Martin Tardivat rejoint le cabinet après Anne Catherine SCHIHIN. Benjamin concilie une longue expérience du droit des marques et modèles avec une grande curiosité intellectuelle et culturelle. IL s'intéresse particulièrement à la médiation et à l'interaction entre le marketing et la PI. Voir le blog de Benjamin.

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